Le chapitre 5
Les anneaux et les corps
Des structures algébriques avancées
Qu'est ce qu'est un anneau ?
L'anneau est une structure algébrique très importante, et la première que nous introduirons avec deux lois de compositions internes. En algèbre, un anneau est une structure algébrique définie sur un ensemble, avec deux lois de compositions internes : une formant un groupe abélien, et une formant un monoïde, distributive par rapport à la première. Rappelons toutes les propriété nécéssaire, pour un anneau "A" muni d'une opération "+" et ".".
La structure (A, ¤) est un groupe abélien.
"¤" est associative :
"¤" permet à E d'admettre un neutre :
"¤" permet à chaque élément de E d'admettre un opposé :
"¤" est commutative :
La structure (A, .) est un monoïde.
"." est associative :
"." permet à E d'admettre un neutre :
La loi "¤" est algébriquement lié à ".".
"." est distributive à gauche par rapport à "+" :
"." est distributive à droite par rapport à "+" :
Cependant, nous pouvons affaiblir ce concept avec ce que l'on appelle le "pseudo-anneau". Un pseudo-anneau est un anneau où la deuxième loi de composition n'admet pas forcément un neutre. Dans ce cas, "(A, .)" n'est plus un monoïde, mais un demi-groupe.
Chez certains auteurs, le concept d'anneau seul représente ce que l'on a défini comme "pseudo-anneau" (qu'ils n'emploient donc pas). Or, ces mêmes auteurs ont un autre terme pour les anneaux donc la deuxième loi admet un neutre : anneau "unitaire" (ou anneau "unifaire"). Ici, nous n'utiliserons pas ce terme, et nous considérerons qu'un anneau a forcément un neutre par la multiplication, mais sachez que ce terme existe.
Si la deuxième loi est "." commutative, alors l'anneau est dit "commutatif". La branche de l'algèbre qui étudie les anneaux commutatifs se nomment "l'algèbre commutative".
Si l'anneau ne comporte pas de diviseur de 0 (autre que 0), il est dit "intègre".
L'exemple le plus simple est l'anneau formé par "Z", et par l'addition et la multiplication sur "Z". Cet anneau est commutatif et intègre.
On peut aussi citer ceux formé avec "Q" et "R".
Les sous-anneaux
Comme il existe des sous-groupes de groupes, il existe des sous-anneaux d'anneaux. Un sous-anneau A d'un anneau B est un anneau sur un sous-ensemble de l'ensemble de B. Leurs propriétés sont très proches de celles des sous-groupes. En fait, il est stable par l'addition, par la multiplication et admet un neutre par l'addition et la multiplication (les mêmes que l'anneau qui le contient). Quand on pense à sous-anneau, on peut penser à "(2Z, +, .)", qui serait un sous-anneau de "(Z, +, .)". Déjà, nous avons démontré à plusieurs reprises que "2Z" est inclut dans "Z".
De plus, nous avons déjà démontré que le groupe "(2Z, +)" est un sous-groupe de "(Z, +)" : il est stable par l'addition et contient le neutre de l'addition. Finalement, la stabilité par la multiplication est aussi assez simple à prouver.
Donc, l'anneau "(2Z, +, .)" respecte presque toutes les propriétés. Malheureusement, il n'y a pas d'élément neutre de la multiplication dans "2Z" (puisque "1" n'est pas dedans) : il ne s'agit donc pas d'un sous-anneau de (Z, +, .). Cependant, il est vrai que si l'on considère le pseudo-anneau "(Z, +, .)", alors "(2Z, +, .)" en est un sous-pseudo-anneau (pour rappel, dans les pseudos-anneaux, le neutre multiplicatif n'est pas obligatoire). Par contre, comme "(R, +, .)" est un anneau, et que "(Z, + .)" l'est aussi, et que "Z" est inclus dans "R", alors "(Z, + .)" est un sous-anneau de "(R, + .)".
Comme pour les sous-groupes engendrés, il existe un moyen de créer des "sous-anneaux" engendrés. En effet, pour un anneau "(A, +, .)", le sous-anneau engendré par une partie "B" de "A" représente l'anneau sur l'ensemble contenant tous les éléments obtenables avec les opérations "+" et "." et avec les éléments de "B". Cependant, il y a quelque chose d'important à rajouter : l'inverse de "+" (généralement "-") fait partie des opérations licites pour engendrer un anneau, mais pas l'inverse de "." (généralement "/"). Cela est dû au fait qu'il peut exister des éléments de l'anneau n'ayant pas d'inverse pour l'opération ".". L'ensemble d'un sous-anneau de "A" engendré par "B" se note généralement :
Bon, on peut cependant avoir un problème : imaginez le sous-anneau engendré par "{2}" dans "(Z, +, .)" : il n'existe aucune moyen d'obtenir le neutre de la multiplication avec "2", "+", "-" et "*" (pour rappel, "/" est interdit). En fait, on rajoute toujours le neutre multiplicatif de l'anneau dans la partie si elle n'est pas déjà présente de base. Donc, l'anneau engendré par "{2}" est l'exact même que l'anneau engendré par "{1, 2}".
Les idéaux et les anneaux quotients
Il est possible de modifier un peu cette définition, pour obtenir un concept assez similaire : les idéaux. Un idéal "A" d'un anneau "B" est un sous-ensemble de "B" stable par la première loi de "B", mais aussi stable par la deuxième loi par tous les éléments possibles de "B". Il s'agit donc d'un sous-ensemble de l'anneau qui est un sous-groupe pour la première loi, et où l'utilisation de la deuxième loi entre les éléments de l'anneau et les éléments de l'idéal donne toujours un élément de l'idéal. Cependant, il n'est pas obligé qu'un idéal contienne un neutre par la deuxième : il n'est donc pas obligatoirement un sous-anneau. Il y a néanmoins quelque chose à prendre en compte : si l'utilisation de la deuxième loi entre les éléments de l'anneau PUIS les éléments de votre partie donne toujours un élément de la partie, on parle d'idéal à gauche. À l'inverse, si l'utilisation de la deuxième loi entre les éléments de votre partie PUIS les éléments de l'anneau donne toujours un élément de la partie, on parle d'idéal à droite. Cela est utile si deuxième loi n'est pas commutative. Pour un idéal à gauche "A" d'un anneau "B" (en considérant que "A" est un sous-groupe de "B" par la première loi), on peut écrire :
Et pour un idéal à droite "A" d'un anneau "B" (en considérant que "A" est un sous-groupe de "B" par la première loi), on peut écrire :
Ici, si votre idéal est un idéal à droite et un idéal à gauche, on parle d'idéal bilatère. Cela ne veut pas forcément dire que "a * b = b * a", mais on est sur que les deux appartiennent à l'idéal. Cependant, si votre anneau est commutatif, tout idéal à gauche et à droite est un idéal bilatère, et "a * b = b * a". Encore pour un idéal bilatère "A" d'un anneau "B" (en considérant que "A" est un sous-groupe de "B" par la première loi), on peut écrire :
Prenons un exemple très simple : pour tout "n" dans "N", "nZ" est un idéal de "(Z, +, .)". La démonstration est extrêmement simple : comme tout élément de "nZ" s'écrit sous la forme "n * c" (avec "c" un nombre entier décimal quelconque), le multiplier par un élément de l'anneau revient à multiplier "c" par un élément de l'anneau, ce qui donne "n" multiplié par quelque chose : un élément de "nZ".
Il existe cependant deux idéaux très simples pour tout anneau : les idéaux triviaux. Un idéal A d'un anneau B est idéal trivial si il est soit égal à tout "B", soit égal à l'élément nul par la première loi de "B". Les idéaux qui ne sont pas des idéaux triviaux sont nommés de idéaux propres.
Comme pour les anneaux, il existe des idéaux engendrés. Un idéal "I" d'un anneau "A" est dit engendré par une partie "P" quand "I" représente tous les éléments ostensibles avec "P" respectant les propriétés définissant un anneau. En d'autres termes, il s'agit du "plus petit" idéal possible dans "A" contenant "P" (tous les autres idéaux contenant "P" sont des sur-ensembles de "I"). L'idée pour l'obtenir est donc de prendre "P", et de lui ajouter le minimum d'éléments nécessaires permettant pour faire du sous-ensemble de "P" un idéal. Encore une fois, on peut parler d'idéal engendré à gauche ou à droite. Pour le définir correctement, imaginons un ensemble "E" contenant toutes les utilisations de la deuxième loi entre un élément de "A" et un élément de "P".
Cette ensemble représente donc toutes les utilisations de la seconde loi, qui doivent apparaître dans l'idéal. Nous devons maintenant compléter cet ensemble, en le rendant stable par la première loi. Pour cela, l'idée est donc de créer un ensemble qui contient toutes les sommes possibles d'éléments de "E". Or, toutes ces sommes sont composés d'éléments de "E" dans un ordre précis, et toutes les compositions possibles d'éléments de "E" sont en fait des n-uplets de "E". En prenant le symbole sigma majuscule comme la répétition de la première loi, on peut noter :
Dans le cas à droite, nous devons redéfinir un ensemble comme "E", et on peut noter :
Dans le cas où vous voulez les deux, vous devez redéfinir un nouvel ensemble, où la deuxième loi est utilisée dans les deux sens.
Grâce aux idéaux, on peut définir un type d'anneau très spécial et pratique : les anneaux quotients. L'anneau quotient d'un anneau "A" et d'un idéal bilatère "I" représente un nouvel anneau sur l'ensemble de "A" quotienté par la relation d'équivalence reliant de manière calculatoire chaque élément de "I" avec les éléments de "A". Il s'agit donc d'une version des groupes quotients avec des anneaux. Ici, définissons rigoureusement cette relation d'équivalence, et expliquons là. Posons cette relation "~" :
Ici, vérifions que cette relation est une relation d'équivalence. Déjà, la symétrie est très rapide : il existe un élément de l'anneau qui, quand on le multiplie à un élément "e", donne l'opposé de "e" par la premère loi. Dans le cas des entiers relatifs, cet élément serait "-1" (nous le nommerons comme ceci). En utilisant les propriétés algébrique des anneaux, on peut utiliser cet élément et vérifier la symétrie ainsi :
Deuxièmement, prouvons la réflexivité. Cette propriété est immédiate : elle équivaut à dire que "x - x" appartient à "I", ce qui est obligatoire car tout idéal d'un anneau contient le neutre de la première loi.
Finalement, prouvons la transitivité. Pour cela, posons trois éléments en relation entre eux, et démontrons algébriquement la transitivité.
Donc, "~" est une relation d'équivalence, et l'on peut quotienter "A" par "~" pour obtenir un ensemble quotient. Maintenant, définissons deux lois qui donnent une structure d'anneau à cet ensemble quotient. La première (que nous noterons "+") sera une addition très similaire à l'addition dans un anneau tout court :
On peut voir que les propriétés de cette nouvelle première opération sont exactement les mêmes que celles de la première opération de l'anneau. Maintenant, définissons la multiplication :
Nous obtenons donc un ensemble avec des propriétés calculatoires d'un anneau. Donc, l'ensemble quotient a une structure d'anneau (nous pouvons donc donc l'appeler anneau quotient). Généralement, comme pour les groupes quotients, cet anneau sera noté avec le nom de l'anneau, puis le symbôle "/", suivit du nom de l'idéal utilisé.
Prenons l'exemple le plus utilisé : l'anneau "Z/nZ". En effet, pour rappel, "(Z, +, *)" est un anneau, et pour tout nombre entier naturel "n", "nZ" est un idéal bilatère de cet anneau. Donc, on peut construire l'anneau quotient de "Z" par "nZ", que l'on note "Z/nZ".
Les anneaux principaux et euclidiens
Les anneaux principaux et euclidiens sont des anneaux extrêmement importants pour étudier le concept de division en mathématiques, de manière plus avancée qu'avec des nombres entiers.
Qu'est ce qu'est un corps ?
Un corps représente une version des anneaux possédant plus de propriétés. En effet, un corps est un anneau où chaque élement (non-nul) possède un inverse par la deuxième opération. La deuxième opération permet donc de former un groupe avec l'ensemble associé au corps.
La structure (E*, .) est un groupe.
Comme pour les anneaux, un corps dont la deuxième loi est commutative est nommée un corps commutatif. Selon les auteurs, tous les corps sont commutatifs, mais nous allons dire ici que seul les "corps commutatifs" le sont.
Grossièrement, un corps est une structure algébrique où l'on peut utiliser les opération "+", "-", "*" et "/". L'exemple le plus simple est le corps formé par "Q", et par l'addition et la multiplication sur "Q".
Le corps le plus utile est probablement le corps formé par "R", et par l'addition et la multiplication sur "R".
Il est possible de trouver des corps qui contiennent d'autres corps, grâce au concept d'extension de corps. Une extension de corps "K" est un couple composé d'un corps "L" tel que "K" soit un sous-corps de "L", et d'un morphisme de "K" dans "L". Généralement, quand on parle d'extension, on parle juste du corps, et pas du morphisme. L'exemple le plus simple est le corps "(R, +, .)", qui est une extension du corps "(Q, +, .)".
Les polynômes
Qu'est ce qu'est un polynôme ?
Plus tôt, nous avons à de multiples reprises envisagé des fonctions de la forme "a * x ² + b * x + c". Cependant, ce concept se généralise assez facilement, grâce aux polynômes. Un polynôme est une forme précise de formule mathématique, représentant la somme de produit d'éléments (nommés coefficients) dans un anneau (ou, à fortiori, un corps) quelconque par des variables (nommés indéterminées) élevés à des exposants représentant des nombres naturels. Ici, il faut comprendre que cette indéterminée est un objet "formelle" utilisée comme une variable normale. On note généralement ce genre d'indéterminé avec des lettres majuscules. Donc, dans le corps usuel des réels, un polynôme peut très bien être :
Il existe cependant une définition bien plus rigoureuse : un polynôme représente une suite finie d'éléments de la structure dans lequel il est défini, où l'écriture formelle reviendrait à sommer chaque élément de la suite, multiplié par l'indéterminée à l'exposant l'indice de l'élément actuel. Dans ce cas, notre polynôme vue plus haut serait la suite finie "(-1, 0, 2, 0, 3, 0, 0, 0...)" (pour rappel, dans une suite de ce genre, à partir d'une certaine valeur, toutes les valeurs sont nulles). Cela nous permet donc d'utiliser la terminologie d'une suite, et (dans le cas où le dernier élément non-nul de la suite soit à l'indice "n") d'écrire :
Une confusion assez courante est de mélanger le concept de polynôme et de fonction. En effet, un polynôme n'est qu'une formule, et pas une application, il ne s'agit donc pas directement d'une fonction. Cependant, il est assez courant de définir une fonction via un polynôme, en définissant l'expression de la fonction comme le polynôme étudié. Dans ce cas, on parle de fonction polynomiale, et on l'a note généralement avec le même nom que le polynôme associé, avec une petite vaguelette sur le haut (pour un polynôme "P", cette vaguelette se dit avec le mot "tilde", ce qui donne "P tilde").
Les espaces vectoriels
Un type précis de structure
Qu'est ce qu'est un espace vectoriel ?
Grâce aux corps, nous pouvons définir une nouvelle structure algébrique particulièrement utile : l'espace vectoriel. Un espace vectoriel est une structure algébrique construire à partir d'un corps, sur un ensemble quelconque (qui n'est pas forcément celui du corps), tel qu'il contient une opération (généralement une forme d'addition) formant un groupe abélien sur l'espace vectoriel et qu'il existe une loi externe à gauche sur l'espace vectoriel avec les éléments du corps (qui doit être associative, admettre un neutre et distributive à gauche par rapport à la première loi de l'espace vectoriel). Bien que ce concept puisse sembler complexe, il est la base de choses très importantes et basiques en mathématiques. Prenons un corps "K" sur un ensemble "A", et un espace vectoriel "E" sur un ensemble "B".
Dans ce cas, l'espace vectoriel "E" admet une addition, tel que cette addition forme un groupe abélien sur "B".
En suite, il existe une loi externe à gauche entre un élément de "A" et un élément de "B" vers un élément de "B". Généralement, cette loi est notée comme une multiplication, avec généralement un "*".
Attention : il est impossible d'utiliser cette loi entre deux éléments de "B", seulement entre un élément de "A" et un élément de "B". Cependant, il est possible d'utiliser cette loi sur une opération entre des élements de "A" qui donnent un nouvel élément de "A", avec une opérations entre des éléments de "B", qui donnent un nouvel élément de "B". Cette propriété va nous être très utile pour les propriétés qui suivront. Déjà, cette loi est associative, ce qui veut dire qu'opérer deux éléments "a" et "c" de "A" avec la deuxième opération du corps puis utiliser cette opération avec un élément "b" de "B" est égal à opérer "c" et "b", puis "a" au résultat. Si l'on considère la deuxième opération du corps comme une multiplication et la loi externe de l'espace vectoriel comme une multiplication aussi, alors cela revient à dire que l'ordre de réalisation des multiplications n'importent pas.
La distributivité à gauche s'écrit comme dans un anneau, à la différence prés qu'il faut faire attention à l'ordre des opérandes pour respecter l'opération :
C'est la même chose pour la distributivité à droite.
Finalement, l'élément neutre du corps pour sa deuxième opération est aussi un élément neutre pour cette opération...
Si vous avez toutes ces conditions grâce à un corps "K", vous avec un espace vectoriel sur "K". L'exemple le plus simple d'espace vectoriel sur "K" est... "K". En effet, "K" est un espace vectoriel sur lui même. Comme "K" est un corps, sa première loi est bel et bien un groupe abélien, et sa deuxième loi se comporte comme une opération d'un élément de l'ensemble de "K" et... de l'ensemble de "K" (avec associativité, neutre et distributivité).
Plaçons nous dans le corps le plus simple pour définir des espaces vectoriels : "R". Déjà, comme nous l'avons vue, "R" est un espace vectoriel sur lui même. Or, il est possible de construire des ensembles de tous les "n-uplets" de "R", qui sont eux aussi des espaces vectoriels(généralement, nous noterons ces ensembles "R exposant n", comme avec un produit cartésien). Il faut cependant bien définir leurs propriétés. Déjà, nous allons définir une opération d'addition entre les "n-uplets", où la somme de deux "n-uplets" donne un nouveau "n-uplet" ou le k-ième élément du résultat représente la somme du k-ième élément du premier "n-uplet" et du k-ième élément du second "n-uplet". Comme cette opération se comporte comme plusieurs additions dans "R" disjointes, alors la structure de ces "n-uplets" et de cette opération ont les mêmes propriétés que dans "R" : un groupe abélien par cette addition.
En suite, nous allons définir une opération entre ces "n-uplets" et "R", où l'on multiplie chaque élément du "n-uplet" par un élément de "R". Comme cette opération se comporte comme plusieurs multiplications dans "R" disjointes, alors la structure de ces "n-uplets" et de cette opération ont les mêmes propriétés que dans "R" : associativité, neutre (1) et distributivité.
Donc, "R exposant n" est un espace vectoriel sur "R". C'est d'ailleurs grâce à ce résultat que l'on peut démontrer que "R exposant 2" et "R exposant 3" sont des espaces vectoriels sur "R". Grâce à ce résultat, on peut lier géométrie et algèbre, puisque le plan 2D et l'espace 3D sont tout deux des espaces vectoriels. Ce résultat nous donne une façon précise de définir certains types précis de transformation géométrique, grâce à de l'algèbre.
Comme pour beaucoup de structures algébriques de ce genre, si il existe un "espace vectoriel", il existe la notion de "sous-espace vectoriel". Un sous-espace vectoriel est une structure algébrique construire à partir d'un espace vectoriel, sur un ensemble inclut dans l'espace vectoriel de départ, et où les éléments de cet ensemble sont stables par addition et par multiplication par un scalaire. Un exemple très simple : l'ensemble des vecteurs de la forme "(a, 0)" avec "a" un nombre réel quelconque de "R²" forme un sous-espace vectoriel de "R²". En effet, additionner deux éléments de ce genre "(b, 0)" et "(c, 0)" revient à calculer "(b + c, 0)" (qui appartient toujours à cet espace), et multiplier "(d, 0)" par un réel "e" revient à calculer "(e * d, 0)" (qui appartient toujours à cet espace). Graphiquement parlant, ce sous-espace vectoriel de "R²" représente... la droite des abscisses.

Avec ce concept, on peut en introduire un autre qu'il lui est directement lié : les vecteurs. Un vecteur est un élément quelconque d'un espace vectoriel. Par exemple, dans l'espace vectoriel formé par "R²" (comme défini plus haut), "(4, 8)" est un vecteur.
Les espaces vectoriels possèdent aussi des propriétés permettant de définir un type de formule précis : les combinaisons linéaires. Une combinaison linéaire est un type de formule possible dans un espace vectoriel sur un corps "K", représentant la somme de produits d'éléments de "K" et de vecteur de l'espace vectoriel. Le nom "linéaire" provient du fait qu'une combinaison linéaire est une somme de termes représentant des fonctions linéaires (un scalaire multiplié par un vecteur de l'espace). En fait, une combinaison linéaire dans un espace vectoriel représente une valeur qui est toujours dans l'espace vectoriel, puisque le produit d'éléments de "K" et de vecteurs donne un vecteur, et la somme de vecteurs donne un vecteur. Grâce à ça, on peut utiliser des indéterminées facilement dans un espace vectoriel, en représentant des éléments de "K" indéterminées, ou même des vecteurs indéterminées, permettant de résoudre des équations. Voici quelques exemples de combinaisons linéaires possibles, dans "R²".
Ici, toutes ces combinaisons donnent des résultats nets et précis. Or, il existe des équations formulables avec des équations linéaires ne possédant aucune solution dans "R²".
Les combinaisons linéaires vont aussi nous permettre d'énumérer un fait très important. En effet, pour un vecteur donné, il est possible d'obtenir tout un ensemble de nouveau vecteur avec une combinaison linéaire de ce vecteur. Ici, si l'on nomme ce vecteur "u", alors toutes les combinaisons linéaires possibles avec ce vecteur sont de la forme "a * u", où "a" est un nombre réel quelconque. Par exemple, avec le vecteur "(1, 1)", vous pouvez formuler tous les vecteurs de la forme "a * (1, 1)", comme "(2, 2)", "(72, 72)", "(-0.1475, -0.1475)"...

Nous pouvons faire la même chose avec tous les vecteurs possibles. Par exemple, prenons le vecteur "(1, 0)" : nous pouvons engendré "(3, 0)", "(pi, 0)" ou "(-0.000000000001, 0)". Ici, nous pouvons obtenir une combinaison linéaire de nos deux vecteurs d'exemple : "(1, 1)" et "(1, 0)". Nous obtenons donc une combinaison linéaire de la forme "a * (1, 1) + b * (1, 0)" avec "a" et "b" des nombres réels quelconques. Ici, on peut se poser une question : quel est l'ensemble précis des vecteurs calculables via cette combinaison linéaire? Quelques exemples peuvent s'obtenir en remplaçant "a" et "b" par des valeurs connues.
Prenons un exemple bien plus aléatoire : "(55, -44)". Ici, nous pouvons poser une équation qui devrait nous permettre de trouver une solution, si elle existe.
Vous pouvez prendre autant de valeurs que vous le voulez : vous trouverez toujours des valeurs fonctionnelles pour "a" et "b". Et donc, une question se pose : est ce que tout "R²" est obtensible avec une simple combinaison linéaire de "(1, 1)" et "(1, 0)"? Pour cela, considérons un vecteur "(x, y)" quelconque (faisant partie de "R²"), et voyons si, pour tout "x" et "y", nous pouvons trouver un "a" et un "b" fonctionnelle. Posons cela sous la forme d'une équation.
Or, ici, "y" est bel et bien un réel, et "x - y" aussi : tout "(x, y)" possède des "a" et "b" fonctionnelles, tout "(x, y)" de "R²" peut s'écrire comme une combinaison linéaire de "(1, 1)" et "(1, 0)". En procédant de manière similaire, on peut trouver plein de couples de vecteurs permettant aussi d'écrire tout "R²" : "(1, 1)" et "(1, 2)", "(1, 0)" et "(1, 1)", "(5, 100)" et "(5, 101)".... À l'inverse, nous pouvons trouver des couples de vecteurs, comme "(1, 0)" et "(-3, 0)", pour lesquelles l'ensemble des vecteurs obtensible par combinaison linéaire n'est pas "R²". Dans l'exemple pris ici, on démontre que l'ensemble des vecteurs obtenus ne représente pas "R²", car un élément de "R²" pris arbitrairement (bien qu'il y en ai une infinité possible) est absent de ces valeurs.
Dans tous les cas, nous formons un ensemble constitué d'une certaine quantité de vecteurs (ici 2), qui permettent d'obtenir des vecteurs possibles dans l'espace. Généralement, pour parler d'ensemble de vecteurs, on utilise le terme de famille, présenté au chapitre. Donc, nous définissons des ensembles de vecteurs, que nous nommons des familles de vecteurs, tel que leur combinaison linéaire puisse représenter des espaces quelconques.
Avec ces combinaisons linéaires, nous pouvons en déduire un théorème extrêmement important : l'ensemble des vecteurs calculables avec une combinaison linéaire d'un espace vectoriel quelconque avec une famille de vecteurs fixés et des coefficients "libres" dans le corps est un sous-espace vectoriel de cet espace vectoriel de départ. La démonstration de ce théorème est très simple, et est parfaitement algébrique. Déjà, rappelons la définition d'une combinaison linéaire (et rappelons que, algébriquement parlant, tout élément d'une combinaison linéaire appartient à l'espace vectoriel, validant la première condition disant que l'ensemble du sous-espace vectoriel doit être inclut dans l'ensemble de l'espace).
Déjà, nous pouvons facilement prouver la stabilité par l'addition, en additionnant deux combinaisons de même famille de vecteurs entre elles.
Petit point important : ici, quand nous disons que les vecteurs sont fixés, nous voulons dire que, dans une opération de combinaisons linéaires, les vecteurs doivent rester les mêmes. Cependant, cela n'empêche pas que cela fonctionne pour toute famille de vecteur possible (comme nous l'avons quantifier au début de la démonstration), choisi au préalable. Finalement, on peut facilement prouver la stabilité par la multiplication par un scalaire.
Les deux stabilités demandées sont bel et bien respectées : tout ensemble formé des vecteurs calculables avec une combinaison linéaire dans un espace vectoriel donne un sous-espace vectoriel de ce même ensemble.
Avec ceci, nous pouvons introduire un concept primordial en algèbre linéaire : les sous-espaces vectoriels engendrés. Un sous-espace vectoriel engendré par une famille de vecteurs "A" est un sous-espace vectoriel dont les éléments ne représentent que des combinaisons linéaires des vecteurs de la famille "A". Une grande partie des théorèmes d'algèbre linéaire s'appuient entièrement sur ce concept. Généralement, pour une famille de vecteurs "f", le sous-espace vectoriel engendré par "f" est nommé "Vect(f)".
Intéressons nous à ce concept de famille de vecteur. Déjà, . Par exemple, la famille de vecteur de "R²" "{(1, 1), (3, 3)}" contient un vecteur que l'on peut obtenir par combinaison linéaires d'autres (ici, "3 * (1, 1) = (3, 3)"). Ce genre de famille a un nom : les familles liées. Une famille de vecteur est dite liée (ou linéairement dépendante) si l'un des vecteurs de la famille peut s'écrire comme combinaison linéaire non-nulle des autres vecteurs de la famille. Par définition, si une famille est liée à cause d'un vecteur "u", alors "u" appartient à l'espace vectoriel engendré par la famille de départ à laquelle on enlève "u". De même, tout multiple / combinaison linéaire de "u" appartient aussi à ce sous-espace vectoriel, et donc tout l'espace vectoriel engendré par "u" est aussi dans cet espace vectoriel. Pour une famille liée "f", voici la formalisation mathématique du concept (où "g" est la famille où "u" est exclu).
À l'inverse, une famille de vecteur est dite libre (ou linéairement indépendante) si aucun vecteur de la famille ne peut s'écrire comme combinaison linéaire non-nulle des autres vecteurs de la famille. Donc, on peut en déduire que le sous-espace vectoriel engendré par une famille de vecteur liée à cause d'un vecteur quelconque est égal à celui engendré par la famille de vecteur sans ce vecteur "u".

Le type de famille de vecteur le plus utile est probablement la famille génératrice. Une famille de vecteur est dite génératrice si son sous-espace vectoriel engendré est l'entièreté de l'espace vectoriel de départ. Comme nous l'avons vue plus haut, c'est le cas de notre famille "{(1, 1), (1, 0)}" dans "R²". Il est possible de compléter ce concept, pour en obtenir un nouveau très pratique : une base d'un espace vectoriel. Une base d'un espace vectoriel est une famille libre et génératrice de cet espace vectoriel. Il s'agit de la donnée minimum nécessaire dans un espace vectoriel pour obtenir la valeur de chaque vecteur possible. Il existe d'ailleurs autant de base qu'il existe de famille de vecteur libre et génératrice.
Avec les bases, on peut définir un des concepts les plus importants des espaces vectoriels : la dimension. La dimension d'un espace vectoriel (aussi nommée dimension de Hamel) est le cardinal commun de toutes ses bases. En effet, toutes les bases d'un espace vectoriel quelconque ont le même cardinal (la même taille). En réalité, ce résultat n'est pas si facile à démontrer : il demande l'utilisation d'un lemme, nommé lemme de Steinitz (démontré ici), qui permet d'en déduire ce théorème (démontré ici).
Ici, bien que nous considérons "E" entier, une conséquence de ce théorème stipule que si "f" et "g" sont deux familles libres qui ne génèrent pas "E" entier, mais un sous-espace vectoriel "F" de "E" (et qu'elles génèrent le même, bien évidément), alors "m = n". Pareil, ce théorème s'obtient en restreignant "E" au sous-espace vectoriel engendré : "f" et "g" en sont deux bases, et ont donc le même cardinal. Cependant, dans ce cas, la réciproque est fausse, on peut trouver des familles "f" et "g" de même dimensions qui ne génère pas le même sous-espace vectoriel de "E". De manière parfaitement logique, cela s'explique par le fait que passer à un sous-espace vectoriel requiert une implication dans le raisonnement ("F est un sous-espace vectoriel" implique que "toute base de "F ont le même cardinal", mais la réciproque de cette proposition ne veut rien dire), cassant l'équivalence (puisque l'on part d'un plus gros espace vectoriel, demandant de passer à un autre : le sous-espace vectoriel).
Avec cela, nous allons "déterrer" un concept géométrique que nous avons traité au chapitre 3 : les coordonnées. En effet, en algèbre linéaire, les coordonnées d'un vecteur quelconque dans une base quelconque représentent les valeurs des scalaires à multiplier à chaque élément de la base pour obtenir le vecteur recherché. En d'autres termes, il s'agit des scalaires dans la combinaisons linéaire permettant de former le vecteur de départ via cette base. Ici, les coordonnées dépendent évidemment du vecteur, mais aussi de la base choisie. Généralement, les coordonnées d'un vecteur "v" dans une base "b" se note "v indice b". Prenons un exemple simple dans "R2" : une base "B" représentant la base canonique, et la base "C" représentant une autre base.
Déjà, exprimer un vecteur avec des coordonnées donnée dans une base est extrêmement simple, puisque cela ne demande qu'une simple combinaison linéaire. Par exemple, trouvons les vecteurs de coordonnées "(4, 3)" dans la base "B" et "(5, 1)" dans la base "C".
Faisons l'opération inverse : trouver les coordonnées associées à un vecteur donné dans une certaine base. Il est très facile de trouver les coordonnées des vecteurs "(1, 0)" et "(1, 1)" dans la base canonique : il s'agit de "(1, 0)" et "(1, 1)".
Ici, le défi est de trouver les expressions des vecteurs "(1, 0)" et "(1, 1)" dans la base "C". La meilleure façon est de résoudre un petit système, permettant de trouver les valeurs des scalaires. C'est généralement de cette façon que nous fairons pour passer des coordonnées d'une base à une autre facilement.
Donc, nous avons trouver les scalaires permettant de former ce vecteur dans la base "C" : il s'agit de ses coordonnées dans cette même base.
Si nous voulons formuler ces systèmes de manière plus précise, pour un vecteur "v" exprimé dans une base "b" :
Ou, avec chaque élément de "v" un à un :
Un (autre) exemple dans "R2" est présent juste ici. Cependant, notre exemple pose problème : dans "R²", un vecteur s'écrit "(a, b)", et des coordonnées dans une base s'écrivent "(x, y)" : de la même façon. C'est pour cela qu'il faut toujours préciser avec quel type d'objet on travaille : vecteur ou coordonnées. Dans ce cas, cela peut sembler un peu inutile, puisque les simples vecteurs de "R²" sont suffisants. Or, dans le cas d'espaces vectoriels bien plus complexes, utiliser des coordonnées peut s'avérer obligatoire dans beaucoup de cas, ce qui explique leur importance.
Ici, on sait que des coordonnées dans un espace de dimension quelconque (pas forcément fini) "d" représentent donc "d" scalaires (un nombre fini, voir une infinité). Donc, l'ensemble des coordonnées possibles dans une base d'un espace vectoriel sur un corps "K" de dimension "n" représentent le produit cartésien de "K", "d" fois. De plus, on peut en déduire que l'ensemble des coordonnées dans une base forme un espace vectoriel sur "K" lui aussi. Dans le cas où "d" est fini, la démonstration est immédiate : la somme des coordonnées de deux vecteurs donne les coordonnées du vecteur représentant la somme des vecteurs (stabilité de la somme), et multiplier les coordonnées par un scalaire donne les coordonnées du vecteur multiplié par ce même scalaire.Il existe d'ailleurs une opération possible avec des sous-espaces vectoriels : la somme directe. Cet opération est inspirée de la somme des semi-groupes (qui est d'ailleurs possible ici, puisque les espaces vectoriels sont aussi des semi-groupes). La somme de deux sous-espace vectoriel "A" et "B" d'un espace vectoriel "E" est dite directe si, pour tout vecteur dans la somme, il n'existe qu'un seul et unique couple de vecteurs "(u, v)" de "A" et "B" tel que ce vecteur est la somme de "u" et "v". En d'autres termes, la somme est dite directe si (et seulement si) tout vecteur de la somme ne peut se décomposer qu'une fois dans les deux sous-espaces vectoriels. Un exemple où ceci n'est pas vrai est (dans "R²") la somme du sous-espace vectoriel engendré par le vecteur "(1, 0)" et de... lui même. En effet, un des vecteurs présent dans la somme est "(1, 0)", qui représente "(0.5, 0) + (0.5, 0)". Or, ce vecteur a plein de décompositions possibles : "(1, 0) + (0, 0)", "(0, 0) + (1, 0)", "(0.4, 0) + (0.6, 0)"...
Cependant, la somme des sous-espaces vectoriels engendré par "(1, 0)" et "(0, 1)" est belle et bien directe. En fait, pour qu'une somme de sous-espaces vectoriels soit directe, il faut que la juxtaposition d'une base du premier et du deuxième soit une famille libre. Cela est assez simple à comprendre : si la juxtaposition d'une base du premier et du deuxième est une famille libre, alors toute expression de vecteur dans cette famille (ou dans toute famille générant le même espace vectoriel) est unique. Comme le couple que nous voulons être unique représente une expression du vecteur nécessaire dans notre famille (ou dans n'importe quelle famille générant cet espace vectoriel), il est aussi unique. La réciproque est aussi vraie (si la juxtaposition d'une base du premier et du deuxième est une famille libre), la somme des deux sous-espaces vectoriels est directe.
Un exemple assez bizarre d'espace vectoriel est l'espace fonctionnel. Pour rappel, un espace fonctionnel est un ensemble d'applications (et donc, de fonctions) entre deux ensembles X et Y. Avec cette simple définition, un espace fonctionnel n'est pas obligatoirement un espace vectoriel. Or, si l'ensemble d'arrivée représente un espace vectoriel "F" sur un corps "K", l'espace fonctionnel est lui aussi un espace vectoriel sur "K". Pour cela, nous devons munir cet espace de lois assez similaires aux lois de "F" :
Dans tous les cas, on remarque que l'espace d'arrivée des fonctions obtenues par somme et par multiplication par un scalaire est "F", et donc que ces applications représentent de nouvelles applications allant de "X" vers "F". Donc, on constate la stabilité de cet ensemble par l'addition et la multiplication par un scalaire (elle sont elles aussi des applications allant de "X" vers "F"). De plus, on constate aussi que cet ensemble a les mêmes propriétés que l'espace d'arrivée (et donc, cet ensemble a les mêmes propriétés qu'un espace vectoriel). Donc, il s'agit bel et bien d'un espace vectoriel.
Les espaces vectoriels quotients
Comme il existe des groupes et des anneaux quotients, il existe aussi des espaces vectoriels quotients. Un espace vectoriel quotient d'un espace vectoriel "E" par un sous-espace vectoriel "F" est un espace vectoriel sur l'ensemble quotient de "E" par une relation définie à partir de "F". Ici, nous devons définir rigoureusement la relation d'équivalence permettant de définir cet ensemble quotient. En fait, deux éléments "u" et "v" sont en relations si "u - v" appartient à "F" (avec ici, "-" étant le symbole de l'inverse de la première loi de l'espace, quelle qu'elle soit).
Ici, nous devons prouver que cette relation est bel et bien une relation d'équivalence (en prouvant quelle est réflexive, symétrique et transitive). Pour la réflexivité, c'est immédiat : "u - u = 0" avec "0" étant le neutre de la première loi de "E", qui appartient donc à "F" (puisque "F" est un sous-espace vectoriel de "E"), ce qui prouve que "u" est en relation avec lui-même. Pour la symétrie, c'est très simple : permuter l'ordre de "u" et "v" revient à obtenir "v - u", qui est égal à "-(u - v)", qui est bel est bien dans "F", puisqu'il est stable par inversion de la première loi. Pour la transitivité, si "u - v" appartient à "F", et "v - w" appartient aussi à "F", cela implique que "(u - v) + (v - w)" appartient à "F" (avec ici, "+" étant le symbole de la première loi de l'espace, quelle qu'elle soit), et "(u - v) + (v - w) = (u - w)", qui appartient à "F", prouvant que "u" et "w" sont en relation aussi.
Maintenant, démontrons que "E/~" a une structure d'espace vectoriel sur "K" (ce qui sera très simple). Déjà, définissons la première loi de cette espace comme ceci, avec "+" étant la première loi de "E" :
Ici, "c + d" est (par stabilité de "E" par sa première loi) un élément de "E" : "[c + d]" est donc bel et bien un élément de "E/~". Maintenant, définissons la deuxième :
Ici, "e * c" est (par stabilité de "K" et "E" par sa deuxième loi) un élément de "E" : "[e * c]" est donc bel et bien un élément de "E/~". Les deux lois marchent correctement : "E/~" est un espace vectoriel sur "K". Généralement, cette espace vectoriel est plutôt noté "E/F".
Les systèmes linéaires
Avant de traiter des systèmes linéaires, parlons des équations linéaires. Une équation linéaire est une équation où l'on cherche la valeur d'une inconnue dans un espace vectoriel, où nous savons que cette inconnue multiplié par un scalaire non-nul donne une autre valeur de l'espace vectoriel. Par exemple, une équation linéaire dans un l'espace vectoriel "R²" sur "R" peut être :
Résoudre ce genre d'équation est très facile :
Avec ça, nous allons pouvoir parler des systèmes linéaires. En fait, un système linéaire est un système d'équations composé d'équations linéaires. Par exemple, ceci peut être un système linéaire, dans un espace vectoriel sur "R" :
La façon la plus simple de résoudre ce genre d'équation reste la substitution.
Les applications linéaires
Les applications linéaires sont un objet élémentaire dans l'étude des espaces vectoriels. De manière un peu complexe, une application linéaire est un morphisme d'espace vectoriel sur un même corps "K". Il s'agit d'ici de la façon complexe de définir ce concept. En effet, une application linéaire est une application mathématique allant d'un espace vectoriel vers un autre (tous deux sur un corps "K"), tout en gardant une certaine "similarité" dans la façon dont l'application transforme des objets avant / après opération. Nous allons expliciter cette "similarité" dés maintenant. Déjà, utiliser une application linéaire sur un vecteur "a + b" (avec "a" et "b" des vecteurs du premier espace vectoriel et "+" est la première loi du premier espace vectoriel) revient à appliquer la première loi du deuxième espace vectoriel entre l'image de "a" puis de "b" par cette même application linéaire. Donc, on peut "prédire" le résultat d'une opération dans le deuxième espace vectoriel grâce au premier espace vectoriel et une application linéaire. Dans le cas d'une application linéaire "f" allant d'un espace vectoriel "E" vers un espace vectoriel "F" sur un corps "K", on note :
Deuxièmement, utiliser une application linéaire sur un vecteur "c * a" (avec "a" un vecteur du premier espace vectoriel, "c" un scalaire provenant de "K" et "*" est la deuxième loi du premier espace vectoriel) revient à appliquer la deuxième loi du deuxième espace vectoriel entre "c" et l'image de "a" par cette même application linéaire. Encore une fois, on peut "prédire" le résultat d'une opération dans le deuxième espace vectoriel grâce au premier espace vectoriel et une application linéaire.
Finalement, l'élément neutre du premier espace doit toujours avoir comme image l'élément neutre du deuxième espace par une application linéaire. Dire qu'une application entre deux espaces vectoriels respecte ces trois propriétés équivaut à dire que l'application est linéaire. Cette propriété permet deux réunir les deux premières propriétés en une seule équivalente :
La démonstration de son équivalence est très simple :
Comme pour tout morphisme, il existe des applications linéaires qui sont des endomorphismes (dit linéaires), des isomorphismes (toujours linéaires) et des automorphismes (encore... linéaires).
Comme pour tout morphisme, la composition de deux applications linéaire forme une nouvelle application linéaire. La démonstration s'obtient très facilement avec quelques calculs.
Prenons un exemple très simple : l'application allant de "R²" vers "R²", en transformant "(x, y)" en "(2 * x, 2 * y)". Cette application est parfaitement linéaire, et on peut facilement le démontrer. Déjà, la première propriété est respectée, et l'on peut le vérifier de manière algébrique.
La deuxième propriété est aussi vraie, et ce n'est pas si difficile que ça à démontrer non plus.
La démonstration de sa linéarité est elle aussi assez simple :
Pour prouver l'isomorphisme, on a juste à trouver l'application réciproque (qui est très simple à trouver).
Les applications multilinéaires
Essayons de bien comprendre ces propriétés. En fait, quand on dit "linéaire en chacune de ces variables", cela doit se comprendre d'une manière très pratique : si l'on considère la deuxième variable constante, alors l'application doit être linéaire (comme vue plus haut) avec la première variable (et vice-versa pour la deuxième variable). On peut définir deux nouvelles applications ne prenant qu'une variable à partir de cette application, justement en considérant l'autre variable constante, et vérifier leur linéarité.
Ici, dans la dernière ligne, en renommant "c" en "x" et "y" en "c", on obtient la ligne juste avant la définition de "h", ce qui permet de justifier en plus de tout ça pourquoi :
D'ailleurs, on peut aussi raccourcir ces trois propriétés nécessaires en faisant un raccourci similaire que celui que nous avons vue plus haut :
L'équivalence entre ces deux façon de faire est elle aussi très simple à démontrer :
Prenons un exemple, avec une application précise :
Cette application respecte toutes les propriétés nécessaires (bien que les calculs soient particulièrement longs et ennuyants à faire).
Les conditions de linéarité sont exactement les mêmes que pour les applications bilinéaires. Pour la linéarité du i-ème vecteur (avec "i" inférieur ou égal à "n" et supérieur ou égal à "1"), on note :
Ces deux propriétés sont donc vérifiées pour toutes les variables. Encore une fois, la deuxième propriété permet de dire que, si on multiplie "a" par n'importe quel vecteur, alors c'est comme si on le multiplié par toute la fonction, et donc pour n'importe quel autre vecteur quelconque. Comme pour la bilinéarité, on peut raccourcir ces propriétés.
D'ailleurs, si deux vecteurs dans le calcul sont liés (et donc, que un des vecteurs représente l'autre multiplié par un scalaire précis) donne aussi un résultat nul (puisque l'on peut décomposer l'application pour obtenir la propriété que nous venons juste de voir). Donc, on en déduit directement que si un de ces vecteurs est le vecteur nul, l'image est elle aussi nulle.
Les formes quadratiques
Les matrices en algèbre linéaire
Retour sur les matrices
Les espaces colonnes
Il est possible que "C" représente l'espace entier des matrices colonnes de taille "n" sur "K", comme un sous-espace vectoriel strict. On peut prendre un exemple de matrice où "C" n'est pas l'espace entier des matrices colonnes de taille "n" sur "K" :
Le produit matriciel
Soyons plus précis, avec une représentation graphique de deux matrices "A" et "B" de dimension "m, n" et "n, p", dont on va obtenir le produit matriciel.

Généralement, pour deux matrice "A" et "B", le produit matriciel de ces deux matrices se note comme une opération standard, utilisant généralement un "*", ou un "X".
Prenons un exemple avec deux matrices simples :
Ici, nous pouvons très facilement calculer chaque valeur de la matrice résultat, et donc obtenir la matrice résultat.
Un exemple de matrice inversibles sont les matrices diagonales
Le lien matrice - application linéaire
Ici, la première étape ne sert à rien : le coefficient le plus haut de la première colonne est non-nul. Passons à la deuxième : nous devons soustraire à la deuxième colonne la première colonne multipliée par "-2". En suite, nous devons soustraire la troisième colonne par la première colonne multipliée par "0".
maintenant, passons à la partie 2. Encore une fois, la première étape ne sert à rien : le coefficient le "deuxième" plus haut de la deuxième colonne est non-nul. Passons à la deuxième : nous devons soustraire à la troisième colonne la deuxième colonne multipliée par "-1".
Or, cette matrice génère donc un espace vectoriel généré par deux vecteurs de coordonnées, et a le même rang et génère le même espace vectoriel que notre matrice de départ : notre matrice de départ est donc de rang 2, et son image est engendrée par les deux vecteurs de coordonnée "(1, 3, 2)" et "(0, -4, -5)" dans la base d'arrivée.
Le lien applications linéaires - matrices


Finalisons cette construction intuitive, avec un exemple plus global. Considérons une application linéaire "f", allant d'un espace vectoriel "E" vers un espace vectoriel "F" (sur un corps "K"). Ici, nous allons considérer les bases comme quelconques. Considérons "b" une base de "E".
Donc, pour tout vecteur "v" de "E", "f(v)" peut s'écrire comme une combinaison linéaire de vecteurs de "c". Par linéarité de "f", les coordonnées de "v" dans "b" sont les mêmes que les "coordonnées" de "f(v)" dans "c".
Reformulons donc "f(v)" :

Appelons les (très moches) valeurs de ce résultat par "z". Au final :


La réduction des endomorphismes
Il est assez facile de trouver des exemples. En effet, prenons un endomorphisme dans R², transformant "(x, y)" en "(2 * x, y)". Ici, on peut identifier deux vecteurs propres simples : "(1, 0)" et "(0, 1)". De plus, on peut identifier deux valeurs propres : "2" et "1".
D'ailleurs, si nous définissons une application "g" telle que "g(v)" est égal au membre à gauche de cette équation, "g" serait une application linéaire. La démonstration est très simple et rapide :
Les espaces de Hilbert et la géométrie euclidienne
Les espaces vectoriels normés
Déjà, la séparation est évidente : si une somme de valeurs positives est nulle, alors tous les éléments de la somme le sont aussi.
L'homogénéité est, elle aussi, assez évidente, et se déduit par une simple factorisation.
L'inégalité triangulaire n'est pas bien plus compliqué à démontrer, mais demande un peu plus d'éléments.
Cette norme peut s'illustrer assez facilement en 2D.

Les espaces de Hilbert et le produit scalaire
Axiomatiquement parlant, introduire la géométrie n'est pas chose aisée. Cependant, nous allons pouvoir commencer sérieusement à s'y pencher, grâce aux espaces pré-hilbertiens, aux espaces de Hilbert et au produit scalaire.

Ici, on peut se demander comment démontrer que cette application est bien une forme linéaire. Pour cela, essayons d'expliciter cette forme dans "R²". Posons deux vecteur "u" et "v" tel que "u" soit "(a, b)" et "v" soit "(c, d)". Pour obtenir le vecteur "v" envoyé sur "u", nous devons décomposer "v" dans une base "u" et "u'", où "u" représente "u" tourné de 90° (et donc, "(-b, a)").
Essayons de trouver une valeur pour "e" :
Donc, notre application s'explicite de cette façon dans "R²". On peut donc très facilement prouver à partir de là qu'elle est bilinéaire, symétrique et définie positive. Posons un vecteur "w" égal à "(g, h)".
Bilinéaire :
Symétrie et définie positivité
La géométrie différentielle
L'analyse vectorielle
De l'analyse sur des espaces vectoriels
Ici, nous allons aborder une nouvelle branche de la géométrie particulièrement utile en ingénieurie : la géométrie différentielle. La géométrie différentielle est un type de géométrie possible, ayant pour but d'unir les outils de l'analyse mathématique avec ceux de la géométrie. Pour cela, nous allons retrouver beaucoup de choses que nous avons déjà vue : dérivée, intégrale...
Pour commencer, nous allons aborder ce qui est probablement la branche la plus simple de la géométrie différentielle : l'analyse vectorielle. L'analyse vectorielle est une branche de la géométrie différentielle où nous cherchons à combiner les outils de l'algèbre linéaire avec les outils de l'analyse. Dans une très grand majorité des cas, nous travaillons sur des champs scalaires ou vectoriels réels.
Les champs scalaires et vectoriels
Le concept que nous allons présenté dans ce qui suit est un concept assez utilisé en mathématique, mais surtout infiniment important en mathématiques appliquées, comme en physique Commençons par parles des champs scalaires. Un champ scalaire est une application allant de l'ensemble "R exposant n" vers un ensemble de scalaire, comme "R". Un champ scalaire se note donc :
Donc, les éléments passés à cette fonction sont des vecteurs de "(R exposant n, +, *)". On peut des fois entendre parler du concept de champ scalaire comme une fonction à plusieurs variables. En fait, cette appelation vient du fait que certains auteurs n'écrivent pas "f((x, y, z))", mais "f(x, y, z)" directement. Ici, une champ scalaire n'est pas forcément une forme linéaire sur l'espace vectoriel de "R exposant n", car il n'est pas forcément linéaire. On peut par exemple imaginer :
Si il existe des champs de scalaires, il existe aussi des champs de vecteurs. Un champ de vvecteurs est une application allant de l'ensemble "R exposant n" vers un ensemble "R exposant n".
Comme pour les champs scalaires, On peut des fois entendre parler du concept de champ de vecteur comme une fonction à plusieurs variables(l'explication du pourquoi est la même que pour les champs scalaires). Encore une fois, une champ de vecteur n'est pas forcément une application linéaire, car il n'est pas forcément linéaire. On peut par exemple imaginer (dans "R²") :
La dérivation en plusieurs variables
Pour l'instant, nous avons dérivé des fonctions allant de l'ensemble des réels vers l'ensemble des réels. Cependant, il est possible de définir des sortes de dérivations sur des fonctions à plusieurs variables, allant de "R exposant n" vers "R", ou vers "R exposant m".
Commençons par le type de dérivation le plus simple à définir : la dérivée partielle. La dérivée partielle d'une fonction à plusieurs variables par l'une de ses variables "x" est une fonction représentant la dérivée réelle de la fonction de départ, en considérant les autres variables constantes. En d'autres termes, on se ramène à une fonction à une seule variable. Comme pour tout ce qui implique de la dérivation, ce type de dérivé peut être défini en 1 seul point précis, sur toute une partie, ou encore sur tout l'espace entier. D'un point de vue intuitif, la dérivée partielle d'une fonction par rapport à une variable en un point est une représentation de comment l'image de la fonction évolue quand on fait varier de manière infinitésimale le paramètre "x", en laissant les autres constants.
Pour une fonction "f" où l'on veut obtenir la dérivée partielle en une variable "x", on peut utiliser plusieurs notations : nous allons présenter les deux plus utilisées. La première est la notation de Leibniz, exactement comme vue plus haut. La deuxième utilise le même schéma que la notation de Leibniz, en remplaçant le "d" par un symbôle similaire au delta, nommé "d rond".
Si on veut changer de variable en considérant par exemple une variable "y", on permute donc le "x" et le "y".
En général, il est forteement conseillé de définir à chaque fois quand / où la fonction est dérivable ou pas dérivable. Prenons un exemple avec un champ scalaire :
Essayons de calculer sa dérivée partielle par rapport à la variable "x". Pour cela, on peut simplement définir une nouvelle fonction "f indice x" allant de "R" vers "R", où l'on considère "y" et "z" constants, et calculer sa dérivée. La dérivée de cette fonction sera égale à la dérivée partielle de "f" par rapport à "x". Dans ce cas, on voit assez vite que cette fonction est dérivable partout, nous pouvons donc écrire :
En procédant de manière similaire, on peut calculer la dérivée partielle de "f" par rapport à "y" et "z". Faisons le en accéléré (notons que ces fonctions sont aussi dérivables sur tout leur ensemble de définition) :
Ici, on peut définir les dérivés partielles en utilisant le passage à la limite. Dans ce cas, on peut définir la dérivée partielle d'une fonction "f" allant de "R exposant n" vers "R" ou "R exposant m" (ce qui ne change rien à la définition) par rapport à la "i-ième" variable en un point "(a indice 1, ..., a indice n)" comme ceci :
Encore une fois, cette définition se définit à une partie, voir à tout l'espace si possible. Remarquons quelque chose : une dérivée partielle dans le cas où la fonction va vers "R" donne un nombre réel, et donne un vecteur de "R exposant m" dans le cas où la fonction va vers "R exposant m". Donc, la fonction représentant une dérivée partielle est d'exacte même nature que la fonction de départ.